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Behind the scene
Bikers MC, la trilogie

Retour sur 8 années à documenter le milieu des Bikers français.
Trois livres ont vu le jour de 2018 à 2025.

On m’a souvent demandé « comment as-tu fais pour t’introduire dans le milieu fermé des bikers » ?
A force de répondre que « c’est une longue histoire »,  j’ai décidé de revenir sur ces 8 années à parcourir la France, à la rencontre des Bikers français et de le partager avec vous.
Initialement, ce ne devait être qu’une série de portraits accompagnés d’un texte généraliste et de quelques interviews pour être publié dans un magazine spécialisé.
Très vite, je me suis rendu compte que ce sujet méritait mieux.
J’ai donc au-édité une trilogie, avec un total de 620 pages. J’ai parcouru 6000 km pour rencontrer, interviewer et photographier 402 bikers répartis dans 62 clubs.

Durant 20 semaines, je raconte les coulisses de cette aventure au cœur de ces clubs français. 
je livre sous forme de saisons et épisodes le back-stage de cette aventure socio-photographique.
J'explique les raisons qui m’ont amenées à traiter ce sujet au long cours, les rencontres et négociations avec les clubs, mais également les difficultés pour concrétiser ce projet, la découverte du monde de l’édition, le financement, le rapport avec les imprimeurs, le marketing et la distribution… le tout ponctué d’anecdotes.

Saison 1 - Épisode 1

Préambule Depuis 2009, la TV française diffuse à coups de meurtres, trahisons, rackets, trafics … les épisodes de SOA ( Son’s of Anarchy ). Tout se passe dans une ville fictive de Californie ( Charming ) ou le Motorcycle Club ( MC ) lutte pour s’approprier des territoires et conserver la main mise sur les trafics de drogues, de prostitution, .. et de la vente d’armes. Cette série dépeint un club de motards hors-la-loi. Le créateur de la série s’est inspiré des expériences réelles de Sonny Barger, ( Président des Hells Angels Oakland Californie ), de la structure de son club et de sa réputation pour donner toute son authenticité à sa série. Sonny Barger a également partagé en sa qualité de consultant, des informations informelles sur la culture des bikers tout au long de la production de la série. ( surement une des raisons pour laquelle cette série a été couronnée de succès ) Pour les lecteurs de ce texte, qui sont totalement étrangers au milieu des bikers, les autorités les considèrent dans plusieurs pays comme une organisation criminelle, tandis que le club conteste généralement cette caractérisation revendiquant avant tout une culture de fraternité, de liberté et de passion pour la moto. Quels MC ? Dans mon projet de livre, les Hells Angels n’étaient pas au centre de ma démarche (ils maitrisent très bien leur communication et non pas besoin de moi). J’ai donc préféré concentrer mon travail sur une majorité de MC français considérés comme les apôtres des Hells Angels. La plupart de ces MC, ainsi que leurs membres interviewés et photographiés sont ce qu’on désigne « SUPPORT 81 » (81 pour les lettres H.A ). J’ai surtout voulu comprendre au travers des 3 volumes, les raisons qui poussaient un simple biker roulant à moto, souvent passionné de motos américaines, à se regrouper avec d’autres passionnés sous forme d’association et de grimper les échelons jusqu’à devenir MC. Du reportage à l’édition … Et c’est là que tout a commencé. Biker ou motard ( je roulais en Harley Davidson depuis des années ), j’ai rencontré de plus en plus de bikers portant des patches sur leur dos. Certain arboraient un simple « Free Ride - Ride Free » d’autres, le logo du H.O.G ( Harley Owners Group ) indiquant le territoire de son chapter / section locale ( celui de son concessionaire Harley Davidson ).. et des patches assortis de sigles tels que H.D.C, KLAN, MCP, CCC … mais également LEMC ( bikers issus des forces de l’ordre ) et enfin … MC. Ce qui m’avait le plus interpelé, c’est que ces clubs, et plus précisément les MC arboraient fièrement la localisation, le territoire sur lequel ils évoluaient ou dont ils étaient issu. Le système hiérarchique des clubs MC impose qu’il n’y ait qu’un seul MC par département en France ( .. ce n’est pas toujours le cas ) Pour créer un club quel qu’il soit dans le milieu des bikers, il faut demander l’autorisation. Mais à qui ? Le MC le plus proche de chez soi. Il faut montrer son interêt pour le milieu, savoir ou on met ses pieds. Aucune obligation de créer une association, avoir un club house. Si l’officialisation est positive. Il faudra choisir des couleurs ( le logo du patch sous forme d’une galette, d’une pizza ), un nom qui plaise aux clubs environnants, mais également une typographie et la couleur des lettres ne rentrant pas en concurrence avec un autre club, et surtout pas la couleur d’un club ennemi. Et c’est là que l’idée de réaliser un petit reportage sociologique sur un milieu que je découvre et qui se dévoile petit à petit devant mes objectifs germe. Je l’ai proposé a un magazine spécialisé dans les faits de société qui m’a fait part de son intérêt de publier 3 pages sur le sujet avec un budget frôlant l’indécence (la presse telle que je l’ai connu dans les années 80/90 n’existe plus,… elle se plaint constamment que la pub ne paie plus, et qu’ils n’ont plus les moyens de bien rémunérer les journalistes, les photographes .. les pigistes ). J’ai donc décidé d’en faire un livre ( une première pour moi ). En contactant mes collègues et amis photographes, je me suis rendu compte que je me lançais dans une aventure financière peu rentable. A chaque contact, c’était de pire en pire. Nombreux photographes s’auto-éditaient ( à moins d’être un grand nom de la photographie .. et encore, les éditeurs ne prenaient plus de risques ). Exemple d’un ami photographe ( dont je tairai le nom à sa demande )… « j’ai imprimé 500 exemplaires, il y a 8 mois, j’en ai toujours 350 sous mon lit… ça fait des semaines que je n’ai pas vendu un seul exemplaire. J’espère une expo pour relancer la machine. Mais, même en les bradant, ça ne part pas » Faire un livre , c’est cool … mais .. pour qui .. et pourquoi ?

Saison 1 - Épisode 2

Faire un livre , c’est cool … mais .. pour qui .. et pourquoi ? Ça coûte combien de faire une livre, quel format, combien de pages, combien d’exemplaires … imprimé en France ou en Chine ? Aucune idée du nombre d’exemplaires que je peux sortir sans en être de ma poche. La décision est prise, je vais faire un livre sur les Bikers issus de MC français ( il n’existe rien dans la littérature française les concernant ). J’ai enfin trouver l’angle du traitement. Je vais prendre à contre pied la série TV Sons of Anarchy et montrer que ces bikers a l’air ( pas si ) patibulaire mènent deux vies en parallèle. L’une avec leur famille, leur travail et l’autre avec leur club. Et c’est là que ça se corse. Je ne suis pas connu dans le milieu, et mes premiers contacts ont plutôt été décevants. « Tu es qui ? » « On ne te connait pas » » Qui t’a parlé de nous » « Tu es flic, Tu es des R.G » ??? Il aura fallu presque 6 mois avant qu’un club comprenne ma démarche documentaire.. et que la confiance s’installe. Je monte un studio digne d’un shooting de mode ( fond, flashes et boites à lumière …) le décor est posé. L’effet « Whaouuuuuu » impressionne. J’installe le premier biker ( cuir, tatouages, bagues .. pour certains quelques accessoires sortis de leur poche ou d’un sac tels que poing américains, cran d’arrêt , riot gun… ) pas besoin de direction artistique.., ils prennent naturellement la pose, le menton levé, le regard perçant, les bras souvent croisés pour montrer que les vrais, les durs .. ce sont eux. Mais, le travail n’est exécuté qu’à moitié. Je dois tenir l’angle de mon idée première. Montrer que malgré l’image qu’ils véhiculent, ils ont tous un job ou une passion pour les retraités .. et que si quelqu’un les rencontre individuellement dans un super marché, en civil ( sans les attributs biker ), ce sont des « Monsieur tout le Monde ». Rendez-vous est pris le lendemain du shooting avec chaque protagoniste sur le lieu de son travail. Artiste, prothésiste dentaire, boucher, peintre en bâtiment, joailler, couvreur… etc. Tous les métiers y passent. Ça y est, je tiens les visuels de mon livre. Mais quel texte pour accompagner tout ça ? Ce seront les règles qui régissent ce milieu fermé. Nombreux bikers roulant seuls ou avec un groupe ne savent pas que les règles du milieu s’appliquent « officieusement » à tout ceux qui arborent des patches sur leur dos.

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3-SHOOTING d'un club.JPG

Saison 1 - Épisode 3

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